Une marche de 1800 km pour promouvoir les étirements comme remède à l’arthrite

par Julie Lemieux
Le Soleil, Québec, Samedi le 2 août 1997.

Il y a huit ans, Jacques Gauthier magasinait les fauteuils roulants. Aujourd’hui il traverse le Québec à pied. Le secret! Les étirements. Depuis que cet homme de 58 ans a découvert le bienfait des exercices d’assouplissements, la vie s’est remise à couler dans ses veines.

A tel point qu’il a décidé de parcourir la province avec sa femme Dorothée, question de répandre la bonne nouvelle… et de faire la promotion de sa vidéo cassette sur ces miraculeux étirements.

Le couple de St-Alexis-des-Monts a quitté Gaspé le 1er juillet et prévoit arriver au Téminsamingue dans un mois et demi. Au total, 1800 kilomètres de marche. Et jusqu’à maintenant, pas une douleur musculaire à l’horizon.

« Ça ne peut pas être une coïncidence, j’ai 54 ans et mon mari en a 58, on fait des étirements à tous les jours depuis huit ans et on marche 14 jours en ligne sans se fatiguer. Même notre chien husky a de la difficulté à nous suivre. Ça confirme que les étirements nous aident à ne pas avoir de douleurs musculaires », explique Dorothée Lavoie, lors de son passage dans les locaux du SOLEIL.

« Dur comme fer ».

Les marcheurs y croient dur comme fer depuis que Jacques a retrouvé l’usage de son bras paralysé. Les étirements sont la clé de la forme physique. Ils ont remplacé la cortisone, vaincu cette paralysie, combattu les crises d’arthrite.

« Le médecin m’avait conseillé de cesser de faire des exercices parce que j’avais perdu trop de masse osseuse. Mais j’ai rencontré un bucheron qui m’a suggéré de faire des étirements pour m’en sortir. Au début, ça faisait mal, mais plus j’en faisais, et plus je ressentais que la douleur était musculaire, pas arthritique. C’étaient des bonnes douleurs. La vie revenait en moi », relate-t-il.

Sa femme a joint le mouvement et le couple s’étire maintenant ensemble, donne des cours, raconte son histoire à qui veut l’entendre. Cette année, c’est le Québec à la marche, l’an prochain ce sera le Canada et un jour, le reste de l’Amérique.

« Ça ne sert à rien de se faire remonter le visage si on n’est pas capable de se plier. Il faut que les gens comprennent que ce n’est pas normal d’être raide à 50 ans », affirme Dorothée en exécutant un grand écart, nez au tapis et sourire aux lèvres.