Se prendre en main pour une bonne santé

par Frédéric Tremblay
Le Nouvelliste, Trois-Rivières, Jeudi le 7 août 1997.

Trois rivières

         Trois rivières                                         (Image-Média Mauricie : Alain Bédard)

 

Jacques Gauthier et sa conjointe Dorothée Lavoie sont partis de Gaspé le premier juillet dernier, à pied, et ont fait escale mardi à Trois-Rivières. Ils se rendront jusque dans le Témiscamingue pour un total de 1800 km. Pourquoi? Pour dire simplement aux gens de s’occuper davantage de leur santé.

On lui a dit qu’il allait finir ses jours dans un fauteuil roulant, à moitié paralysé. Aujourd’hui, il marche 1800 km à travers le Québec pour dire aux gens que tout est possible lorsqu’on prend le temps de s’occuper de soi.

Parti de Gaspé le premier juillet dernier, à pied, il a fait escale mardi à Trois-Rivières. Il se rendra jusqu’à St-Bruno de Guigues, dans le Téminscamingue, en compagnie de sa conjointe Dorothée Lavoie.

Jacques Gauthier a 58 ans. À l’âge de 40 ans, les médecins lui apprennent qu’un virus neurologique s’est attaqué à son système nerveux, paralysant ainsi ses membres.

Pour guérir, il devait prendre de la cortisone. Dix ans plus tard, les effets de ce médicament lui amènent une autre maladie, l’ostéoporose et il perd 20% de sa masse osseuse.

Désespéré, il décide de cesser sa médication pour se retrouver dans son lit 18 à 20 heures par jour, sans bouger. C’est alors qu’il rencontre une personne qui va complètement changer sa vie en lui proposant un soin tout à fait naturel, les exercices d’étirements.

Pendant sept mois, il s’y met intensivement, malgré la douleur. Par la suite, il se rend chez le médecin pour lui annoncer qu’il va mieux grâce aux exercices d’étirements qu’ils exécutent depuis ces derniers temps. Le médecin lui dit qu’il n’aurait pas dû en faire car il est trop faible et qu’il devrait arrêter.

Obstiné, il a continué à les faire. Une chance, car aujourd’hui, M. Gauthier marche 40 km par jour avec sa conjointe Dorothée Lavoie, 54 ans, et leur chienne Mousse, pour dire aux gens un message simple : « essayez l’exercice, essayez les étirements. Ça été bon pour nous et ça peut l’être pour vous. Pourquoi accepter les petits bobos de la quarantaine comme normaux alors que 15 à 20 minutes par jour d’exercices peuvent vous aider à les éviter. »

« On peut faire ces exercices-là n’importe quand et n’importe où, en regardant la télé par exemple, pendant seulement 20 minutes de temps. Ça ne prend pas de temps, n’importe qui peut les faire et c’est ça qui m’a permis de retrouver la santé de trois maladies sois-disant incurables. Je devrais être en chaise roulante et je travers aujourd’hui tout bonnement le Québec à pied! « , explique M. Gauthier.

Il faut bien comprendre qu’ils ne prennent pas les exercices d’étirement comme le remède miracle. Mais ils veulent simplement dire aux gens d’arrêter de dépendre des gouvernements, des hôpitaux et des médicaments et de s’occuper de soi pour s’offrir une meilleure santé.

« On veut encourager les gens non pas seulement à faire de l’exercice mais à se prendre en main. Au lieu de dépendre strictement des autres, de prendre charge de sa santé », affirme M. Gauthier.

Ils disent également aux gens qui ont tout essayé pour guérir de ne pas se décourager et de chercher d’autres alternatives. Ça peut être le yoga, le tai-chi ou les étirements comme dans le cas de M. Gauthier. En fait, tout ce qui pourrait contribuer à une meilleure santé grâce au temps qu’on s’accorde pour y arriver.

« J’ai cherché intensément pendant dix ans, j’ai trouvé les exercices et je me suis promis de partager ça au plus grand nombre de personnes possible. C’est simple et 15 minutes d’étirements par jour, ça ne coûte rien. J’ai coûté 300 000$ au gouvernement pendant neuf ans et depuis huit ans zéro cent!  »

Gauthier et Mme Lavoie affirment également que le virage ambulatoire va amener les gens à trouver un autre moyen de guérir de leur maladie puisqu’il n’y a plus d’argent pour les soigner. La prise en charge de sa santé s’avère le meilleur moyen pour y arriver selon eux.

L’an prochain, ils traverseront le Canada, histoire de proclamer simplement au plus grand nombre possible qu’on ne peut pas mieux se fier que sur soi-même… même pour guérir.