Il marchera en mai prochain de l’Atlantique au Pacifique

Par Claire Harting
Le journal de Montréal, Jeudi 4 juillet 1996.

On lui avait prédit l’évolution de sa maladie vers la paralysie des quatre membres et le fauteuil roulant. Et annoncé l’impossibilité de le traiter et de le guérir. Il s’est traîné presque mourant pendant près de 10 ans. Jusqu’à ce qu’il décide de prendre sa santé en mains. Aujourd’hui à 57 ans, Jacques se prépare à traverser en mai prochain le Canada à la marche pour dire à tous que s’il est revenu à la santé, d’autres peuvent aussi le faire.

« Ces années de maladie et de souffrance ont été malgré tout les plus belles années de ma vie. Le plus beau cadeau jamais reçu. C’est qu’elles m’ont forcé à transformer ma vie du tout au tout. J’ai changé mes habitudes de vie en adoptant ce que j’appelle le triangle immunitaire : paix intérieure, saine alimentation et exercices quotidiens. Autrement, je serais en fauteuil roulant depuis longtemps. »

En 1981, Jacques Gauthier se retrouve avec le bras gauche paralysé et des engourdissements dans les pieds. À l’hôpital, on diagnostique une maladie neurologique dégénérative rare, le syndrome de Parsonage et Turner, une inflammation des conduits qui alimentent les nerfs. « Rien à faire, priez pour que ça s’arrête là », lui conseille-t-on.

« Mais quand je me suis aperçu que j’étais à perdre mes deux pieds, je me suis adressé à un autre hôpital. Cette fois, on diagnostique une vasculite, une autre maladie neurologique. Mais la biopsie est négative, impossible de me traiter. Je continue de souffrir terriblement et vois avec horreur le fauteuil se rapprocher. Je ne peux plus conduire ni travailler. »

Pour calmer ces douleurs, on lui prescrit de la cortisone à chacune de ses crises, sinon c’est la paralysie. Les crises se rapprochent, les doses de cortisone aussi. On diminue les doses, les effets secondaires ont déjà fait leur œuvre, Jacques Gauthier a déjà perdu 20% de sa masse osseuse. Un autre médicament devrait contrer ces effets.

Changer de vie
« Le 15 décembre 1989, je décide d’arrêter tout médicament. J’en ai assez, plutôt paralyser. Hélas, le sevrage de la cortisone provoque de l’arthrite. Toutes mes articulations sont douloureuses, et cette douleur prend le dessus sur l’autre. Ne sachant plus où me jeter, je vois des médecins, des spécialistes de médecines alternatives et des guérisseurs. Le dernier que je vois me fait faire des exercices d’étirements pendant trois semaines. Et je continue à la maison. »

Jacques Gauthier retrouve la prière, la méditation, change son alimentation, continue ses exercices d’étirements, marche beaucoup et ne prend plus de médicaments. Son bras gauche n’est plus paralysé, il n’a aucune douleur, a rebâti en grande partie sa masse osseuse et se sent plus en forme que tout son entourage.

« J’ai promis à Dieu que si je m’en sortais, j’aiderais d’autres à s’en sortir. Je donne des conférences, des cours sur les exercices d’étirements, ma femme et moi en avons fait une cassette. Et j’attends mai prochain pour marcher de Halifax à Vancouver avec mon épouse et tenir ma promesse. »