De Gaspé à St-Bruno-de-Guigues : 1800 km à pied

St-Bruno-de-Guigues avec le Maire Pétrain, fin du voyage.

St-Bruno-de-Guigues avec le Maire Pétrain, fin du voyage.

St-Bruno-de-Guigues, fin septembre 1997.

Parti le 1er juillet de Gaspé, Jacques Gauthier aura parcouru 1800 km à pied pour traverser le Québec afin de se rendre dans son village natal. Cet homme de 58 ans, condamné par les médecins à finir sa vie en chaise roulante, a réussi un exploit peu commun. Mais ce n’est pas afin d’amasser de l’argent pour une bonne cause qu’il a fait ce trajet, c’est plutôt pour donner de l’espoir aux gens, et leur dire que, à force de volonté, on peut s’en sortir.

Un jour, M. Gauthier a développé une maladie neurologique grave. Pour le soulager de ses douleurs, il prenait de la cortisone. Après 10 ans de ce régime de souffrance, il s’est retrouvé du jour au lendemain avec 20% de perte osseuse, explique-t-il. À cause de cette ostéoporose, le médecin lui a donné une autre prescription pour contrer les effets secondaires des premiers médicaments. Cependant, ces nouvelles pilules avaient leurs propres effets secondaires. Devant ce cul-de-sac, M. Gauthier a alors décidé de cesser toute médication. Il savait qu’il courrait certains risques et, d’ailleurs, il n’encourage personne à agir comme lui.

Mais le sevrage des médicaments lui a causé de l’arthrite. Il devait alors garder le lit entre 15 et 20 heures par jour. Résigné à rester ainsi puisque ni la médecine traditionnelle ni la médecine alternative ne pouvaient rien pour lui, il a réappris à prier, à méditer et à faire de la relaxation. Puis un jour, il a entendu parler d’un « ramancheur » un peu spécial qui remettait sur pied ses patients par des exercices physiques. C’était peut-être la 70e ou la 80e personne qu’il consultait, alors qu’il n’avait plus rien à perdre. A la première séance, M. Gauthier en a perdu connaissance. Toutefois, il a persisté. Pendant 6 mois, il a fait de 2 à 4 heures par jour d’exercices d’étirements.

En meilleure forme plus que jamais, il a montré à la soixantaine de personnes venue l’accueillir à Guigues que, debout, il pouvait non seulement toucher le bout de ses orteils avec ses doigts sans plier les genoux, mais qu’il pouvait aussi ses deux paumes au sol, et même aller plus loin, en mettant sa tête entre ses deux genoux. Cependant, il ne prône pas d’aller si loin dans ce type d’exercices. Après tout, ce n’est pas pour le Cirque du Soleil que l’on doit s’entraîner. Son message tient plutôt au fait que c’est à partir de sa propre volonté que l’on se guérit. Lui, son miracle, ça été l’exercice, la relaxation et l’alimentation.

Son épouse, Dorothée Lavoie, a expliqué que la médecine avait amené les gens à vivre plus vieux, mais plus longtemps malades. Pour sa part, Mme Lavoie veut plutôt vivre vieille, mais en santé. De plus, en voyageant ainsi avec son mari, elle aussi veut donner un peu d’espoir et peut-être apporter un peu de santé à tous.

Incidemment, depuis 8 ans, M. Gauthier n’a pas vu de médecin. D’ailleurs, pour aider les gens à comprendre sa démarche, il offre ses services pour expliquer en quoi consistent ses exercices d’étirements. Dans un langage imagé, M. Gauthier confiait au journal de Québec : « On dirait que tout le monde considère normal d’avoir plein de bobos en prenant de l’âge. C’est pas vrai; c’est seulement qu’il faut que tu grouilles ou bien ça rouille! »

Après avoir traversé le Québec, Jacques Gauthier a un autre but : traverser le Canada. Mais, il était important pour lui de passer d’abord par Guigues, en cette année du 100e anniversaire de la municipalité. D’ailleurs, le maire, Gérard Pétrain, n’a pas hésité à souligner le courage de cet homme qui deviendra sûrement une source de motivation pour plusieurs. Il l’a aussi remercié pour la visibilité médiatique offerte car, partout où il a passé au Québec, il n’hésitait pas à dire qu’il se rendait à St-Bruno-de-Guigues.